Diane Ducruet Art works
Diane Ducruet // Photography

"Malheur aux enfants qui se révoltent contre leurs parents et abandonnent par caprice la maison paternelle ! Jamais ils ne trouveront le bien en ce monde et, tôt ou tard, ils s’en repentiront amèrement." Les aventures de Pinocchio de Carlo Collodi

Passengers or reversible Pygmalion

2006 - 16 ink-jet prints on cotton paper moutned on aluminum
Series 30x30 cm & series 100x100cm

One’s says that things have neither heart nor soul. Nevertheless, as soon as one’s touches them, they transformed themselves and tells about stories as if they had been charged of a special mission. They gaze at us, cover themselves with our good intentions, become goods. One’s sees them taking or loosing some value, turning on or off our lust … An artist of genius would be perhaps a Pygmalion inversed : He would transformed a person or an animal into such a perfect object, that we would never know wether they are beeings or things…The hight turnover of the labels would be the major art and all would enter in the ring in order to see themselves as masterpieces… Nobody would be abble to guess wether one’s dance with something or someone. One’s would not talk, would forever looked at each other, and in the partner’s eyes one’s would only see the reflection of the lamps. We would finally get rid of the others and relieved of any human complications ;
We would become some gods exhibited in front of other divinities. Our needs of still saying or seducing in talking would be squashed by our appearences. We would be the strongest, and there would be only the victors with the victors. Our world would have just emptyness underneath and above itself. Forever divinised, trustful in our extraordinary exchange-value for some more and more expressive money, than everything that one’s can imagine.
We would organized silent ceremonies were we could strike poses and take places. The infinited cares we would have in placing mirrors which would reflect ourselves showing the exact powerfulness of our image, would be rewarded. We would only be born to be and our triomph would exempt us to learn sciences and practice virtue. We would have no gender, or there would be just one left, Medusa’s one. Alone or by milliards we would be identical, and at one or other we would be always at the same place, eminently spectacular to ourselves. The omega of the goods. The revenge of a vengeful god . 

Milou “Les choses” 2006 Translation Matthew Douglas-Kay

 

Catalog « Boutographies » 2007 – text Christian Macotta

 

Texte « Passagers ou Pygmalion à l’envers » en Français

Les objets n’ont ni coeur ni âme, c’est ce qu’on raconte. Pourtant dès qu’on les touche ils se transforment et racontent des histoires comme s’ils étaient chargés d’une mission spéciale. Ils fixent notre regard, se couvrent de nos bonnes intentions, deviennent des marchandises . On les voit prendre ou perdre de la valeur, allumer ou éteindre les convoitises… Un artiste de génie serait peut-être un pygmalion à l’envers : il transformerait une personne ou une bête en objets si parfaits qu’on ne saurait plus jamais s’ils sont des êtres ou des choses… La valse des étiquettes serait l’art majeur et tous iraient en piste pour se voir en chef-d’oeuvre…Personne ne pourrait deviner s’il danse avec une chose ou avec quelqu’un. On ne parlerait plus, on se regarderait indéfiniment et dans les yeux des partenaires on ne verrait briller que le reflet des lampes. Nous serions débarrassés des autres une fois pour toutes et soulagés des complications humaines, nous deviendrions des dieux offerts en spectacle à d’autres divinités. Nos apparences écraseraient le besoin que nous avons encore de dire et de séduire en parlant. Nous serions indéfiniment les plus forts et il n’y aurait plus que des vainqueurs avec des vainqueurs. Notre monde n’aurait que du vide au-dessus de lui et du vide au-dessous. Divinisés à jamais, confiants dans notre extraordinaire valeur d’échange contre un argent plus expressif que tout ce qu’on peut imaginer, nous organiserions des cérémonies silencieuses où nous pourrions tous prendre des poses et des places. Les soins infinis que nous mettrions à disposer les miroirs pour que nos reflets nous montrent l’exacte puissance de notre image, seraient récompensés. Nous ne naîtrions plus que pour être et notre triomphe nous dispenserait de connaître les sciences et de pratiquer la vertu. Nous n’aurions plus de sexe ou plutôt il n’en resterait qu’un, celui de Méduse. Seuls ou par milliards nous serions identiques et chez l’un ou chez l’autre nous serions toujours à la même place, éminemment spectaculaires à nous-mêmes. C’est l’Omega de la marchandise. La vengeance d’un Dieu Vengeur.

 

Milou “Les choses” 2003