Diane Ducruet Art works
Diane Ducruet // Photography

Photography Diane Ducruet / Drawing Sophie Ducruet

Males posing

2008 - Digital prints on cotton paper mounted on aluminum
series 100x100cm & original drawing series

Two men pose somewhat awkwardly. They are bare-chested or wearing a T-shirt, with baggy underpants under bulging stomachs. They differ in age, and seem unaccustomed to playacting…The backdrop is a yellow wall with an artificial wainscot reminiscent of country cafés in the fifties. The floor is smooth and polished, with light shining in from the side. Sometimes switches to open air scenes in an orchard… The two characters dance a decidedly unlanguid, they simulate a fight, pretend to run a race. They offer each other fruit, cross their hands over their bellies like our forebears being banished from the earthly paradise… The image mimic the masterpieces of baroque or renaissance painting: the death of Procris, Poussin’s runners…The strengh of these photographs, devoid of any social context, where the bodies present conspicuous parallelisms and roundness and where family lumps and bumps are left to burgeon forth, lies in their
rewakening old memories, almost myths, yet verging on ridicule…Limbs, bellies, backs, shoulders and napes speak for themselves, silencing all those gasbags who drone about Mankind.
The drawing on the other hand, are hand-made images of metaphors. The technique is a hundred thousand years old, only slightly younger than the intelligence itself. It was used on caves walls and had been repeated endlessly ever since. In weighing up man, the pencil outlines his soul, capturing its nonsense, pleasure and facets. Utlimately, the thickeness of the lead can send the subject to heaven or hell. Such is the power of drawing, a brainchild, tough on those who cannot fathom it out, merciless when we let our spirit wander into it, and not our feet…
The meeting of photographs and drawings generates different human creations from those of the sword. Since we are condemned to global warming, that is to say, to the denial of our identities at best and at worst to slow progress towards death, let’s see how we can get out of the humanism of the past and move towards trash industry. First, we are faced here with mere extras, inexperienced actors, that photography reduces to pink blobs, and projects outside the sociocultural context by the subterfuge of dance postures, embraces, defunct and comic culture…
The daughter photographs her mother’s drawings, she photographs her father and brother while her mother draws her son and spouse, the various viewing angles shedding different and physical and mental light on the subject…We can be mesmerized by a shiny object, seeing nothing else.We have had that terrible cataract removed, the blinkered perspective, that western blight that consists in seeing with just one eye in a given direction, though to be the right one because there are no other… This sickness is common to television screens and popular cinema. All this despite the fact that the impressionists had realised how to break away from black and white, that is, out of scientism and religion, those wooden legs for
Males posing en Francais
aesthetic cripples…But alas, the Society of Men is as sacred as the golden calf and art teachers are good amateur sociologists…Where is there space for parents-children relationships ? What nature and what friends for bodies born of one another ? Whow does the sun need to please ?
When inheritances come under the scrutiny of lawyers, experts and tax authorities, that’s when we return to dust…then idle fancy, the dancing, the shouting, the disguises, the eyes, the freshness of the soul float cloudwards…In an incestuous mixture of styles and techniques, the nuclear family is spared the passing of time, reunited either side of the lens of pastimes that have not changed much since the beginning of time…A kind of freedom, a blood pact made with the heart is traced like the magic of ancient Egypt, when walking figures and flights of birds were immortalized unde the sun’s fiery ball. 

Milou about « Males Posing », 2008

Translation by Caroline Rainger, Patrizia Bandollero 

Fondation Écureuil pour l’art Contemporain – Toulouse, France, 2009

Texte « Males posing » en Francais

Deux hommes prennent des poses avec une espèce de maladresse. Ils sont en tee-shirt ou torse nu, ils ont des caleçons informes, ils ont du ventre, de la différence d’âge…. Ils ont l’air peu entraînés à la mise en scène… Le décor consiste en un mur jaune avec une boiserie artificielle comme dans les bistrots de campagne des années cinquante, le sol est lisse et brillant, la lumière sur le côté. Sinon, les choses se passent en plein air, au milieu d’ arbres fruitiers… Les deux personnages dansent un tango peu langoureux, essaient de lutter, font semblant de démarrer une course… Ils s’offrent un fruit, croisent aussi les mains sur leur ventre comme nos grands parents chassés du Paradis Terrestre… On singe ici des épisodes de la grande peinture baroque ou renaissante: la mort de Procris, des coureurs à la Poussin…
Le punch de ces photos sans contexte social, où les corps se distinguent par quelques parallélismes et rondeurs, où s’expriment les saillies et les bosses de la filiation, c’est de faire remonter de vieux souvenirs, assez proches des mythes et plutôt près des ridicules… Voilà qu’on laisse parler des membres, des abdomens, des rachis des épaules et des nuques pour faire taire certains bavards qui parlent trop de l’Homme… Les dessins de leur côté, poussent la métaphore à
la main. Technique vieille de cent mille ans, à peine plus jeune que l’intelligence, travaillée sur
les cavernes et reprise infiniment. Pour peser les hommes, les crayons pèsent les âmes, cernent les parts de non-sens, les plaisirs répétés, les tournures. Dans la balance il suffit d’une épaisseur
de mine pour expédier au ciel ou en enfer, tel est le dessin, Cosa mentale, si balourd aux mains des vulgaires, impitoyable quand l’esprit s’y promène au lieu des pieds…

Le croisement des photographies et des dessins génère d’autres « créations » de l’homme que celle du verbe. Puisque nous sommes condamnés au « réchauffement planétaire » c’est à dire à la dénégation de nos identités pour le moins, et pour le pire à des gesticulations morbides, voyons comment sortir d’un humanisme passé à l’industrie des déchets. D’abord nous sommes en face de figurants, peu entraînés à la comédie, que la photographie réduit en masses rosées, projette hors du socioculturel par le biais des postures du bal, de l’étreinte, de la culture défunte et du comique… La fille prend des photos de ceux que dessine sa mère, photographie son père et son frère mais sa mère dessine un fils et un époux , ce qui fait des angles de tir où les regards tapent différemment au physique et au mental… Ce qui brille sous nos yeux prend un air de miroir aux alouettes où rien ne risque de faire regarder ailleurs… Nous sommes opérés de cette cataracte insupportable, la perspective unique, plaie occidentale qui consiste à ne voir que d’un oeil dans une direction choisie, que l’on appelle la bonne puisqu’il n’y en a pas d’autres… Cette maladie reste commune aux écrans de télévision comme au cinéma d’affaires . Pourtant les impressionnistes avaient su nous sortir du blanc et du noir, c’est à dire du scientisme et de la religion, ces jambes de bois pour manchots de l’image… Mais hélas, la société des hommes est aussi divine que le Veau d’or et les professeurs d’art font de bons sociologues du dimanche… Quelle place pour l’espace de la filiation ? Quelle nature et quels amis pour des corps nés les uns par les autres, A qui doit faire plaisir le Soleil? Quand les patrimoines passent devant notaires, experts et agents du fisc, c’est qu’on retourne à la poussière… alors que les Chimères, les danses, les éclats de voix, les déguisements, les blancs des yeux, les fraîcheurs de l’ âme filent vers les nuages… Dans un mélange incestueux de genres et de techniques, la famille nucléaire s’est ici sauvée du temps contraint, recomposée derrière et sous les optiques pour des loisirs à peine différents de ceux des premiers jours …. Une sorte de liberté, de pacte de sang et de coeur se dessine comme les magies de l’ancienne Egypte quand il fallait éterniser les promenades et le vol des oiseaux sous le disque solaire.

 

 

Milou, à propos de “Males Posing”, 2007