Diane Ducruet Art works
Diane Ducruet // Photography
Vider son sac c’est avouer bien des choses…

Date

Vider son sac c’est avouer bien des choses…

Maigret trouvait dans une armoire tel parfum de fleur d’oranger qui lui rappelait l’avant-guerre ou telle odeur de naphtaline sur le manteau d’une vieille fille assassinée…

Tout braconnier a ses bouts de ficelle et son couteau. Il y a plus de choses utiles dans la poche d’un gitan, que dans celle d’un ministre….

Les photographes n’ont pas le nez en l’air quand ils se promènent.
Ils prennent des clichés comme on ramasse des champignons, ils mettent dans le rectangle et le carré des fragments de paysage, des têtes, des objets, des plantes des bêtes…Ils ne savent pas toujours ce qu’ils vont en faire, mais si on y regarde bien, on s’aperçoit que ces apparences sont fragmentées à l’aide des même fractions, qu’elles obéissent à des modulations qui semblent venir de la même voix.

Ce qu’elles disent converge dans le regard posé. Il n’y a pas de détail en matière de style Ici on ne vous dira jamais s’il faut se moquer du monde ou l’adorer. Ce pied a l’air d’une main serrée, c’est tout un programme…Rien n’est vraiment sérieux, mais tout peut faire mal…

Le féminin coriace d’une figure excessivement rose, la bouille d’un chat aux nerfs fragiles, d’autres restes, d’autres fragments, fossiles vivants ou morts d’une histoire qui n’a ni commencement, ni fin, ni morale…

Une des photos les plus célèbres d’Edouard Boubat est celle d’une poule noire dans une cour de ferme écrasée par le soleil, photo prise à la volée au détour d’un chemin, sans aucune espèce de préméditation…

Que reste-t-il des photographes dans nos têtes ? quatre ou cinq images qui font de l’espace à notre imaginaire, viennent se joindre à des tableaux, des plans de film, des promenades littéraires, des sensations rescapées de l’enfance et de l’amour…Tel est le va et vient de notre singularité. Les photos flottent en surface comme des débris de naufrages prévisibles, récupérées parfois quand les solitaires des îles désertes ont jurés de vivre…


Il n’y a donc pas d’image de vérité, mais entre rien et rien les étapes sont mémorables quand on sait y faire…


Milou, sur « Things & Words» 2006

More
articles